Depuis que j'ai diffusé une offre de parrainage auprès de mes contacts, je reçois énormément de questions au sujet de nos cours par correspondance. J'en ai très peu parlé jusqu'ici, alors qu'ils nous sont très précieux.

"Pourquoi as-tu pris un cours par correspondance?"
Prendre un cours n'est pas une obligation. Oui c'est onéreux (moins qu'une école privée, plus qu'une école publique), et oui il est vrai qu'un programme de primaire peut se concocter seule avec de bons manuels.
Si j'ai fait ce choix c'est avant tout pour m'épargner une tâche colossale. Pas de cours à préparer: j'achète une trame sur laquelle me reposer. Le gain de temps et d'énergie sont considérables.
"Tu n'as pas l'impression de reproduire l'école... à la maison?"
Au début oui: il est naturel de se raccrocher à ce que l'on connaît. Avec le temps j'apprends à faire autrement. Ce n'est pas parce que l'on prend des cours par correspondance que l'on doit forcément endosser un costume d'institutrice traditionnelle: les cours rythment la semaine, certes, mais nous gardons une souplesse extraordinaire. Dans une école à la maison "Charlotte Mason", les cours Sainte Anne trouvent leur place tout naturellement.
"A quel âge commences-tu?"
Vers 5 ans, avec la "grande section". Je trouve qu'ils ont beaucoup trop de choses à faire avant de commencer à étudier: dessiner, explorer, observer, écouter des histoires, chanter, barboter, jouer...
Puisque la grande section part vraiment du commencement (le chiffre 1, la voyelle...), les enfants enclenchent très bien, même s'ils n'ont rien fait "d'académique" avant.
"Et le niveau?"
Une année "Sainte Anne" est dense, très dense. L'enfant:
-écrit énormément (pas d'exercices à trou ni de quizz: tout est recopié ou rédigé au stylo plume sur cahier clairefontaine!),
-apprend énormément (dictée quotidienne, leçons variées et vivantes...),
-progresse énormément.
"C'est un cours élitiste en somme!"
J'ai toujours eu d'excellents contacts avec l'équipe des cours. Il me semble qu'au delà de l'exigence académique, leur philosophie est d'abord centrée sur l'enfant et son épanouissement. On ne laisse personne sur le bas côté: si l'enfant est en difficulté, alors on cherche une solution, ensemble.
Si les cours sont très chargés, c'est avant tout pour nourrir l'esprit insatiable de ces petits esprits curieux. Sans forcing: au rythme de chacun.
"Vous y passez la journée?"
Fort heureusement non! 1h en grande section, et 3 à 4h quotidiennes en primaire, quatre jours par semaine. Cela suffit pour boucler l'année d'école à la maison.
"Concrètement, ça se passe comment?"
L'année est découpée en 25 modules environ. Je reçois un programme détaillé pour chaque module, en français, maths et leçons. Tout est écrit: les exercices recommandés, la leçon, les erreurs à éviter...
A la fin du module, quand tout est bien acquis, l'enfant passe au devoir à renvoyer à la correction (1 devoir par module). Notre correctrice est toujours la même: elle apporte un regard extérieur objectif et beaucoup de précieux conseils.
"Ce n'est pas un peu trop austère?"
Lecture syllabique, calcul au boulier... les méthodes utilisées sont traditionnelles.
On ne cherche pas à amuser l'enfant, mais à le nourrir intellectuellement pour qu'il apprenne de lui même à se faire plaisir en travaillant (vous saisissez la nuance?). En somme on ne s'abaisse pas au niveau qu'on pense être le sien: on cherche à l'élever au contraire. Le résultat est très différent de ce qui se fait dans l'éducation nationale, et effectivement cela peut sembler "austère" au premier abord. Mais les enfants n'attendent que cela: être nourris en abondance!
Ca suffit pour toute l'année?
Aucun cours, aussi bon soit-il, ne se suffit à lui même. Sainte Anne est une excellente base à condition de l'adapter à chaque enfant, de l'enrichir de sorties, de living books et d'expériences!
"Et vis à vis de l'inspection académique?"
Nous avons été inspectés une fois. L'inspectrice a été assez critique sur la masse de travail, trop importante selon par rapport à ce qui se fait dans les écoles. Nous avons néanmoins reçu un rapport élogieux, déplorant simplement l'absence d'éducation civique (en ce1)...
école à la maison et inspection
C'est notre troisième année d'école à la maison, mais c'est la première année que j'ai un enfant en âge d'obligation d'instruction.
Et nous n'avons pas échappé au premier contrôle, cette après-midi, par une inspectrice de l'éducation nationale. J'avais assez peu d'inquiétudes: mon fils a un an d'avance, et un très bon niveau par rapport à ce qui se fait dans les écoles.
L'inspection
Avec plus d'une heure de retard, "parce que la secrétaire état malade et qu'elle n'avait pas transmis le rendez-vous" (Nul doute, j'ai bien affaire à l'éducation nationale, fidèle à elle-même, me voici rassurée), une charmante inspectrice s'est présentée à notre domicile.

De nombreuses questions sur les raisons pour lesquelles nous avons fait ce choix ont précédé un examen minutieux, matière par matière, du contenu des cahiers et livres de mon petit garçon.
Beaucoup de questions sur ses loisirs, ses activités "extra-scolaires", s'il a une chambre individuelle ou pas, s'il participe aux corvées, ce qu'il lit, mon niveau d'études et leur consistance, la profession de mon mari, nos différentes résidences, les prénoms et âges des frères et sœurs, les activités de la fratrie, le déroulement de mon planning hebdomadaire, s'il fait bien de la musique et un sport collectif, s'il fait bien de la généalogie (!), l'implication de mon mari dans la famille, quelles sorties pédagogiques nous faisons, quels outils informatiques nous avons, à quelle association de défense de l'ief j'adhère, si j'élève des animaux, si je côtoie d'autres familles Ief, si je suis active dans une association,…
Le tout soigneusement consigné au fur et à mesure par informatique.
Nous avons des cours par correspondance, la loi voudrait donc que l'inspection se limite à la seule vérification que c'est bien mon fils qui remplit ses devoirs.
J'ai donc à plusieurs reprises fait part de mon etonnement face à un questionnaire aussi intrusif. L'inspectrice m'a néanmoins affirmé, dans la continuité des courriers qui l'ont précédée, ne faire aucune distinction entre école à la maison et instruction en famille. Nous avons donc eu le même examen que les familles faisant l'instruction en famille sans cours par correspondance.
Une inspection qui s'est bien déroulée, avec toutefois pas mal de critiques formulées devant mon enfant, sur un contenu jugé "trop dense", "trop rigoureux", des mathématiques pas assez manuelles… Beaucoup de suggestions également sur la manière de faire l'éducation civique, sur l'importance de l'anglais, sur comment ils procèdent à l'école…
Le bilan
Je suis assez mitigée.
Je suis très fière de mon enfant qui ne s'est pas du tout démonté, et qui a répondu calmement aux différentes questions alors qu'il était à 7ans à peine en situation d'examen face à une personne inconnue.
Je regrette cependant de ne pas avoir été plus ferme sur le fait qu'elle venait simplement vérifier que mon fils bénéficiait bien d'une instruction et non pas passer toute son éducation au tamis.
J'apprécie les critiques, elles font avancer.
Mais je ne pense pas qu'il soit acceptable que l'on remette en cause devant mon enfant les méthodes et la pédagogie que j'ai choisies.
Et les enfants scolarisés?
Je ne trouve pas normal que l'éducation nationale m'impose une obligation de résultat qu'elle ne s'impose pas à elle-même.
Je suis pour les contrôles.
Ils me semble normal de vérifier une fois de temps en temps qu'aucun enfant n'est maintenu dans un état d'ignorance ou de dérive sectaire.
Mais dans ce cas pourquoi s'arrêter aux enfants non-scolarisés?
Dans le cadre scolaire, les inspecteurs évaluent les professeurs, pas les élèves. Si un professeur est mauvais il ne sera pas pour autant retiré et remplacé en cours d'année. Le mauvais prof est un sujet tabou, la plupart continueront à sévir jusqu'à la retraite sans être inquiétés.
Mais alors qui évalue les enfants scolarisés?
Résultat, quatre écoliers sur dix arrivent en sixième avec de graves lacunes. Aucun inspecteur ne le tolèrerait d'un homeschooler. Et pourtant, pour un enfant scolarisé, ça n'affole personne.
"Et en cas de retour à l'école?"
Les modules corrigés reviennent notés. Nous y accordons bien peu d'importance: les enfants regardent plus l'autocollant qui décore la copie corrigée et la petite appréciation toujours encourageante, que la note en elle même.
Mais la note reste un bon moyen d'attirer l'attention sur une lacune qui aurait pu passer inaperçue (pas facile quand on a que son enfant, de savoir où placer la barre en écriture par exemple). J'y vois un autre avantage: le cours parisien envoie un relevé de notes trimestriel, bien rassurant pour un directeur lors d'une rescolarisation.
En bref: c'est reparti pour une cinquième année avec Sainte Anne!